Interview
Francis Idrac, Président du Conseil de la CNSA
Lauréat de l’Institut d’études politiques de Paris et ancien élève de l’ENA, Francis Idrac a fait la majeure partie de sa carrière dans le corps préfectoral. Délégué interministériel à la ville et au développement social urbain de 1994 à 1996, préfet hors classe de la région de Basse Normandie et du Calvados en 2000, il est nommé préfet de la région Languedoc Roussillon et de l’Hérault le 4 juillet 2002. Il devient ensuite préfet de la région d’Aquitaine, préfet de la zone de défense Sud-Ouest et préfet de la Gironde en juillet 2005. Le 30 avril 2009, il est nommé en conseil des ministres inspecteur général des Finances en service extraordinaire. Il a été élu président de la CNSA le 20 octobre 2009 après sa nomination en tant que personnalité qualifiée par le Gouvernement le 6 octobre 2009.

Préfet, vous vous êtes défini comme « un homme de terrain ». Un atout dans la présidence du Conseil ?
Une carrière préfectorale implique un contact permanent avec des partenaires locaux très différents : élus, organisations professionnelles, tissu associatif, acteurs économiques et sociaux pour mettre en œuvre l’ensemble des politiques publiques. Elle oblige à une approche pragmatique des difficultés que l’on peut rencontrer dans cette mise en œuvre. Cette double dimension, transversale et pragmatique, a pu conduire à me proposer la présidence du Conseil de la Caisse. La diversité des composantes du Conseil ne me dépayse donc pas et j’ai pratiqué certains leviers du médico-social : en tant que préfet de région, j’ai validé un PRIAC. En tant que préfet de département, j’ai pu contribuer à la mise en place de la maison départementale des personnes handicapées. J’ai eu l’occasion de faire de nombreuses visites d’établissements. J’ai reçu, en tant que préfet, des acteurs du secteur qui sont représentés au Conseil. Le débat budgétaire de la CNSA va me conduire à m’intéresser de près à la tuyauterie et à son efficacité dans la mise en œuvre des crédits (18,5 milliards d’euros), notamment à ce que l’on a appelé « les excédents ». L’enjeu social et économique que porte la CNSA implique que ses crédits soient optimisés dans leur affectation
Le Conseil de la CNSA se caractérise par sa grande diversité et des sensibilités différentes qui s’expriment dans ce lieu de débat public. Comment s’accorder sur l’essentiel ?
La diversité du Conseil doit faire sa force et ne pas constituer une faiblesse. Sa force sera sa capacité à dégager des convergences, voire des consensus. Sa faiblesse serait de ne pas pouvoir surmonter des divergences qui pourraient le rendre stérile.Les opinions exprimées au sein du Conseil sont toutes légitimes, même si elles s’opposent. Le débat doit conduire à mieux cerner les arguments et leur contenu pour répondre au mieux à l’objectif d’autonomie que chacun porte. Il faut cependant rester conscient du coût de la solidarité et tenir compte du fait que « le mieux peut être l’ennemi du bien ». Je vais m’employer à favoriser ces convergences en échangeant sur les données, les chiffres et les informations fournis par les services de la CNSA pour objectiver le débat. Nous chercherons à dégager des positions communes et les préconisations qui en découlent. Les progrès supposent souvent des étapes
Le Conseil a retenu comme thème de proposition, dans son rapport d’activité 2009, la spécificité de l’accompagnement médico-social et son articulation avec le secteur sanitaire. Pourquoi ?
C’est un vrai sujet d’actualité, notamment au regard de l’émergence des agences régionales de santé qui vont, à partir de 2010, assumer localement ces deux compétences et seront des partenaires de la CNSA. Simultanément, le Conseil a retenu ma proposition de constituer des groupes de travail sur les concours versés aux départements (leur évolution, la péréquation entre départements), sur la gestion au niveau local des crédits de la CNSA et sur les convergences des réponses à apporter aux personnes âgées et aux personnes handicapées – suite à l’annonce des ministres de conduire le débat sur le 5e risque au printemps 2010, concomitamment à celui sur les retraites. Ces derniers auront pour objet de préparer les évolutions à venir. S’exprimer en amont du projet de loi de financement de la sécurité sociale permettrait au Conseil de contribuer à son élaboration.

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